Gard : s'affichant comme une fille de 18 ans, un prêtre attirait des ados sur internet

Gard - 22 mars 2018

Source : msn



Le Procureur a requis la mise en examen du prêtre de 45 ans pour "corruption de mineurs" mais aussi "chantage".

Soupçonné d'avoir attiré des adolescents sur les réseaux sociaux en s'affichant comme une fille de 18 ans, un prêtre gardois a été mis en examen par un juge de Nîmes et suspendu par sa hiérarchie mercredi soir, a-t-on appris auprès du parquet et du diocèse. Le Procureur de la République de Nîmes, Erick Maurel a indiqué avoir requis la mise en examen de ce prêtre de 45 ans pour "corruption de mineurs" mais aussi "chantage", via un réseau social, des faits passibles de sept ans de prison. Le procureur a également demandé le placement sous contrôle judiciaire du prêtre, dont la paroisse n'a pas été précisée. Cet homme n'aurait jamais rencontré physiquement ses victimes.

Photos dénudés.

Une perquisition s'est déroulée au domicile du mis en cause, a ajouté le Procureur, soulignant que "du matériel informatique a été saisi" et "est en cours d'exploitation". Une enquête était ouverte depuis quelques mois après que trois jeunes adolescents ont expliqué avoir été attirés sur internet par une jeune fille qui semblait de leur âge. Mais sur la toile, derrière le pseudo féminin, se cachait non pas une fille de 18 ans mais bien un quadragénaire. Les mineurs avaient fourni au prêtre des photos d'eux dénudés, pensant qu'ils allaient séduire la jeune fille en question. Le prêtre est également suspecté d'avoir fait chanter un jeune en lui disant qu'il allait diffuser des images de lui dénudé sur les réseaux sociaux.

Identification de l'adresse IP.

Ce sont des parents, alertés par leur fils, qui auraient dénoncé les faits, permettant le déclenchement d'une enquête pénale à l'issue de laquelle les enquêteurs du groupement de gendarmerie du Gard ont réussi à identifier les adresses IP des ordinateurs utilisés par le prêtre. "Notre pensée rejoint d'abord toutes les personnes blessées, affectées, déstabilisées par des agissements délictueux : les enfants et les jeunes concernés, leurs familles ainsi que les paroissiens et tous ceux qui estiment que leur confiance est trahie", soulignait mercredi soir l'évêque de Nîmes Mgr Robert Wattebled.



albertonjeudi 22 mars 2018 - 16:55:43

Un prêtre mexicain condamné à 63 ans de prison pour pédophilie

Mexique - 14/03/2018

Source : la-croix.com

La justice mexicaine a condamné un prêtre à 63 ans de prison pour abus sexuels sur mineur.

Les avocats de la victime, qui se bat depuis dix ans pour se faire entendre, ont annoncé qu’elle allait entreprendre une nouvelle action en justice pour demander à l’Église catholique mexicaine réparation de son silence.

Un prêtre mexicain a été condamné, le 8 mars, à 63 ans de prison pour avoir abusé sexuellement d’un homme mineur à l’époque des faits. Le prêtre Carlos Lopez Valdès, âgé de 72 ans et incarcéré depuis 2016, « a été reconnu coupable de viol et condamné à 63 ans de prison », a indiqué dans un communiqué l’association de défense des droits de l’Homme Cencos. C’est la première fois qu’un prêtre est condamné à une peine de prison pour pédophilie à Mexico.

La victime, Jesus Romero Colin, 35 ans, aujourd’hui psychologue et père de famille, avait été abusé sexuellement alors qu’il avait 11 ans, par le père Valdès, alors curé de la paroisse où il était enfant de chœur, à Tlalpan, dans la banlieue de Mexico. Ce dernier emmenait des enfants défavorisés en week-end dans une grande villa avec piscine.

Un témoignage poignant dans un documentaire franco-mexicain

Le jeune homme avait livré un témoignage poignant de ces abus, qui durèrent entre 1994 et 1998, dans un documentaire franco-mexicain réalisé par Alejandra Sanchez en 2010 (1). Elle-même croyante et militante, elle avait suivi Jesus Colin dans son combat pour se reconstruire et tenter de retrouver son agresseur présumé.

Mis à rude épreuve, le spectateur plongeait dans le flot tumultueux de ses sentiments, parfois contradictoires. Douleur, honte, colère, culpabilité… La caméra scrutait aussi le drame intérieur de ses parents, une famille pauvre de Mexico. Le père tentant d’oublier. La mère, très pieuse, s’en voulant de n’avoir pas vu, ou de n’avoir pas voulu voir.

Une première plainte en 2007

Jesus Colin avait déposé plainte en 2007 mais il affirme avoir rencontré beaucoup de résistance de la part de la justice civile et des autorités ecclésiales. À la sortie du documentaire au Mexique, en 2011, sa plainte n’avait toujours pas abouti mais le prêtre avait été démis de ses fonctions six mois plus tôt. Sa rencontre avec le P. Valdez, filmée en caméra cachée, avait été terriblement décevante pour le jeune homme, confronté à un mur.

Jesus Colin, qui a créé une association de victimes (Inside, Prevención y apoyo a víctimas de abuso sexual), accuse aujourd’hui l’Église catholique mexicaine d’avoir ignoré sa dénonciation des faits. Les autorités ecclésiales « soutenaient que je voulais de l’argent, que je mentais, que je voulais attaquer l’Église », a commenté le jeune homme qui se bat depuis une dizaine d’années pour obtenir justice.

Ses avocats et ceux de l’association Cencos ont annoncé vouloir intenter une action en justice contre la hiérarchie catholique mexicaine afin d’obtenir une réparation financière. Ils mettent en cause deux évêques qui auraient été au courant mais n’auraient pas dénoncé les faits.

Jesus Colin a également écrit au pape François en 2013 pour dénoncer les abus dont il a été victime. Il assure que ce dernier lui a répondu en lui demandant pardon au nom de l’Église catholique.

Le diocèse de Mexico a publié un communiqué affirmant que « ces comportements terribles suscitent en nous tristesse et honte ». « Nous déplorons profondément ce qui est arrivé », poursuit le texte qui assure de la « tolérance zéro » en vigueur dans le diocèse.
Céline Hoyeau

(1) Agnus Dei

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Source : lefigaro

Un prêtre mexicain condamné pour pédophilie

Un prêtre mexicain a été condamné à 63 ans de prison pour avoir abusé sexuellement d'un homme mineur à l'époque des faits, a appris l'AFP hier auprès des avocats de la victime. Le prêtre Carlos Lopez Valdès, 72 ans, "a été reconnu coupable de viol et condamné à 63 ans de prison", a indiqué dans un communiqué l'association de défense des droits de l'Homme Cencos.

La victime, Jesus Romero Colin, âgé aujourd'hui de 33 ans, avait été abusé sexuellement pendant plus d'une décennie par le prêtre. Il a accusé l'Eglise catholique mexicaine d'avoir ignoré sa dénonciation des faits dont il a été victime. Il a assuré qu'après avoir écrit au pape François pour dénoncer les abus dont il a été victime, le souverain pontife lui a répondu en lui demandant pardon au nom de l'Eglise catholique. Les avocats de la victime et de l'association Cencos préparent une procédure contre l'Eglise catholique afin d'obtenir une réparation financière.

En 1997, l'une des plus grands scandales de pédophilie avait éclaté lorsqu'un groupe de huit ancien Légionnaires du Christ accusèrent d'abus sexuels le fondateur de la congrégation, le Mexicain Marcial Maciel, qui menait en outre une double vie avec deux femmes et plusieurs enfants, également victimes. Après des années de démentis de la part de la hiérarchie catholique, le prêtre fut démis de son ministère et poussé à prendre sa retraite pour mener "une vie de prière et de pénitence". Il est mort en 2008 à l'âge de 87 ans sans avoir jamais été inquiété par la justice.



albertonmercredi 14 mars 2018 - 16:19:47

Chili: l'enquête sur l'affaire de Mgr Barros pourrait être étendue à d'autres cas d'abus

Chili - 23.02.2018

Source : cath.ch



Isaac Givovich, au nom des victimes qui ont dénoncé les cas d’abus sexuels commis par les Frères maristes au Chili, a remis le 23 février 2018 une lettre à la nonciature apostolique à Santiago. Ils veulent, eux aussi, être entendus par Mgr Charles Scicluna, l’envoyé spécial du pape François.

Mgr Charles Scicluna, l’envoyé spécial du pape François chargé d’enquêter sur les dénonciations visant Mgr Juan Barros. Ce dernier, évêque d’Osorno, est accusé d’avoir couvert les abus perpétrés par le prêtre pédophile Fernando Karadima. Mais des victimes d’autres prêtres pédophiles sollicitent une entrevue avec Mgr Scicluna.

Les Frères maristes s’excusent

Les Frères maristes du Chili avaient déjà reconnu, le 28 août 2017, une série d’abus sexuels commis par un de leurs religieux sur au moins quatorze jeunes mineurs dans deux écoles de la congrégation entre les années 1970 et 2000. Les religieux ont envoyé une lettre le 19 février 2018, signée par le provincial Saturnino Alonso et le vice-provincial Patricio Pino. Ils reconnaissent les faits et s’excusent les dommages qu’un membre de la congrégation a causés à Isaac Givovich dans son enfance et pour les abus qu’il a subis à l’Institut Alonso de Ercilla. Ils relèvent que les abus commis sont “l’antithèse des valeurs maristes”.

Les victimes des religieux proposent l’établissement d’une commission de vérité, justice et réparation, une instance ecclésiastique réunissant toutes les dénonciations et également toutes les victimes.

Les victimes veulent être entendues

Comme Mgr Scicluna a été hospitalisé en raison d’une affection inflammatoire de la vésicule biliaire qui a nécessité une laparoscopie, l’enquête sur le cas de Mgr Barros reste aux mains de l’Espagnol Jordi Bertomeu, official de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Ce dernier accompagne le prélat maltais qui se relève de son opération à la Clinique San Carlos de Apoquindo.

L’audition des victimes des Frères maristes n’est pas encore assurée, car la décision dépend uniquement de Mgr Scicluna ou du Père Bertomeu. C’est aux envoyés du Vatican de décider s’ils vont élargir les auditions à d’autres cas d’abus sexuels commis par des prêtres, a précisé Jaime Coiro, porte-parole de la Conférence épiscopale chilienne (CEC).

80 condamnations

Depuis la condamnation, en juin 2003, du Père Andrés Aguirre pour sept cas d’abus sexuels et de viols, pas moins de 80 condamnations pour abus sexuels ont été prononcées contre des membres de l’Eglise catholique chilienne, lors des quinze dernières années.

Jeudi 22 février, le Père Bertomeu a reçu le témoignage à la nonciature Mgr Juan Luis Ysern, évêque émérite du diocèse d’Ancud, au sud du Chili. Ce dernier, dans une lettre ouverte, avait demandé en 2015 à Mgr Barros de renoncer à sa charge d’évêque d’Osorno “pour que la paix revienne dans la communauté” qui le rejetait pour ses liens avec Fernando Karadima.

Excuses présentées aux victimes

Après la réunion avec le Père Bertomeu, Mgr Ysern a déclaré à la presse que quand le pape a qualifié de “calomnies” les accusations contre Mgr Barros, “c’est parfaitement clair qu’il avait tort”.

Dans l’avion, tenant sa traditionnelle conférence de presse au retour de son voyage apostolique au Chili et au Pérou, le pontife avait notamment présenté ses excuses aux victimes d’abus sexuels, regrettant, à propos du cas Barros, d’avoir employé le mot de “preuves” nécessaires pour faire la démonstration de l’existence d’abus. Il avait cependant assuré que “si quelqu’un vient et me donne des éléments, je serai le premier à l’écouter”. Ce sera la tâche de Mgr Charles Scicluna, l’envoyé spécial du pape chargé d’enquêter sur “l’affaire Barros”, d’apporter les éclaircissements nécessaires à une opinion bien fondée. (cath.ch/com/be)



albertonvendredi 23 février 2018 - 17:49:28

Un juge de la Rote condamné pour possession d’images pédopornographiques

Rome - 16/02/2018

Source : la-croix


Mgr Pietro Amenta a plaidé coupable après la découverte de 80 photos pédopornographiques sur son ordinateur et a été condamné, jeudi 15 février, à 14 mois de prison avec sursis.

Un prélat auditeur du Tribunal de la Rote romaine, la plus haute juridiction de l’Église en matière de procès matrimoniaux, a été condamné jeudi 15 février par un juge de Rome pour détention d’images à caractère pédopornographiques, rapporte le quotidien Il Messaggero.

Ayant choisi de plaider coupable, Mgr Pietro Amenta, 55 ans, prêtre du diocèse de Matera (sud de l’Italie), a écopé d’une peine de 14 mois de prison avec sursis.

Selon le quotidien romain, l’affaire aurait éclaté un soir du mois de mars après une altercation, quand un jeune Roumain de 18 ans a accusé un homme d’attouchement dans un marché.

Connu de la police

Pour expliquer ses gestes ambigus, l’homme, qui s’est révélé être prêtre, a d’abord argué du peu de place entre les étals, avant de s’enfuir, poursuivi par le jeune homme.

Tous deux ont ensuite été rattrapés par un agent municipal hors service, avant l’arrivée d’une voiture des carabiniers auprès de qui le jeune homme s’est plaint d’avoir été victime à deux reprises d’attouchements par le prêtre.

Lors des vérifications par les carabiniers, il est apparu que le jeune Roumain n’était pas connu des services de police italiens tandis que le prêtre, prélat auditeur à la Rote depuis 2012, avait déjà fait l’objet d’une plainte pour actes obscènes en 1991 et, en 2004, pour harcèlement sexuel. En 2013, il avait également porté plainte après avoir été volé par deux transsexuels.

Enquêtes au Vatican

Lors d’une perquisition chez lui, les carabiniers ont alors trouvé sur son ordinateur 80 photos pornographiques avec des mineurs au premier plan. S’il a nié les avoir téléchargées, le prêtre a ensuite choisi de passer un marché avec la justice italienne.

Si ce cas intéresse la justice italienne, le promoteur de justice de l’État de la Cité du Vatican avait révélé, début février lors de la rentrée judiciaire vaticane, que ses services instruisaient actuellement deux cas de pédophilie de la part de personnes travaillant pour le Vatican.

Jusqu’ici, un seul cas était connu : celui d’un prêtre de la nonciature à Washington visé par une enquête pour possession d’images pédopornographiques.

« Les investigations engagées sont au stade préliminaire et sont menées consciencieusement, avec la réserve la plus absolue, par respect pour toutes les personnes concernées », avait assuré le procureur Gian Piero Milano, faisant part de « la détermination » de la justice vaticane en la matière.
Nicolas Senèze, à Rome (avec Il Messaggero)



albertonvendredi 16 février 2018 - 19:56:48

Chili: le pape François éclaboussé par un scandale sexuel

Chili - 11 février 2018

Source : lapresse.ca


Le pape François a-t-il honoré un évêque qui avait protégé un prêtre coupable d'avoir sexuellement agressé de jeunes garçons? Durant son voyage au Chili, François a traité les accusateurs de menteurs. Depuis, il a été forcé de nommer un envoyé spécial pour tirer les choses au clair. Et la publication cette semaine d'une lettre de 2015 le fait mal paraître.

LE PRÊTRE

Fernando Karadima est un prêtre qui a longtemps oeuvré auprès des jeunes gens de bonne famille de Santiago. Des plaintes d'agressions sexuelles ont été déposées dès les années 80, mais il a fallu attendre 2004 pour les premières enquêtes canoniques. Après sa retraite, en 2006, il a finalement été condamné en 2011 par l'Église à finir sa vie dans la solitude d'un couvent de Santiago (il avait alors 81 ans). Son cas a été rendu public dans le New York Times en 2010, mais un procès criminel a avorté pour cause de prescription. Un procès civil de 450 millions US est en cours contre le diocèse de Santiago. Pour compliquer le tout, certains des avocats de Karadima faisaient partie d'un cabinet ayant joué un rôle dans le coup d'État militaire de 1973 contre Salvador Allende.

L'ÉVÊQUE

Juan Barros a été formé comme prêtre par le père Karadima. Certaines victimes affirment qu'il a détruit les premières plaintes contre Karadima dans les années 80, alors qu'il était secrétaire d'un cardinal chilien, et qu'il a été témoin d'agressions commises par Karadima contre de jeunes garçons. En 2004, il a été nommé évêque auprès de l'armée chilienne. En 2015, les évêques chiliens avaient négocié avec le Vatican pour que Mgr Barros et deux autres évêques formés par Karadima perdent leur poste et passent un an en « congé sabbatique », mais finalement, le pape François l'a nommé évêque d'Osorno, ville de 150 000 habitants du sud du pays. Des prêtres d'Osorno se sont publiquement opposés à sa nomination et un groupe de laïcs a été formé pour réclamer qu'on le démette de ses fonctions. Selon Sergio Carrasco, éditeur du mensuel chilien Voces Católicas, près d'un millier de personnes font partie du groupe de laïcs anti-Barros.

LES LETTRES

En 2015, une lettre détaillant l'inaction de Mgr Barros dans les années 80 et 90 a été envoyée à l'archevêque de Boston, Seán O'Malley, par une victime de Karadima habitant à New York. Le cardinal l'a remise au pape François avant qu'il ne nomme Mgr Barros évêque d'Osorno. La lettre a aussi été transmise à la commission du Vatican sur les agressions sexuelles de mineurs, a témoigné une ancienne membre de la commission, Mary Collins, elle-même victime irlandaise de prêtres pédophiles. La lettre, qui avait été discutée dans des médias catholiques en 2015, a été rappelée cette semaine par un article de l'Associated Press. Dans plusieurs entrevues, Mme Collins, qui a démissionné de la commission du Vatican en 2017 parce qu'elle n'était pas assez sévère à ses yeux, s'est déclarée indignée de la nomination de Mgr Barros par le pape François.

LE VOYAGE

Le soutien accordé par le pape à Mgr Barros, qui a fait partie des invités d'honneur à plusieurs messes de la visite papale de janvier au Chili, a monopolisé la couverture médiatique du voyage de François. Il a notamment qualifié les accusations contre Mgr Barros de calomnies, avant de s'excuser d'avoir utilisé ce terme. Des manifestants contre le pape ont dû être dispersés par la police avec des gaz lacrymogènes et une cinquantaine d'entre eux ont été arrêtés. Une dizaine d'églises ont également été la cible d'attentats à la bombe. Selon les médias chiliens, les manifestations attiraient généralement quelques centaines de personnes et visaient non seulement François, mais également les politiques sociales du gouvernement chilien, notamment les droits de scolarité universitaires, ainsi que la reconnaissance des revendications territoriales des autochtones mapuches ainsi que de la Bolivie. « Il y a eu plusieurs problèmes logistiques avec certaines messes, avec des lieux trop éloignés ou trop petits, dit M. Carrasco de Voces Católicas. Ça a donné l'impression que le pape n'avait pas attiré les foules. »

LE CARDINAL

Fin janvier, le cardinal maltais Charles Scicluna a été chargé d'évaluer les accusations contre Mgr Barros. En 2005, il avait dirigé l'enquête contre Marcial Maciel Degollado, le fondateur mexicain des Légionnaires du Christ, un ordre très conservateur. À l'issue de cette enquête, le pape Benoît XVI avait condamné Degollado à terminer sa vie dans la solitude et la prière, dans une maison de retraite pour prêtres en Floride où il est mort en 2008. « C'est la meilleure solution possible à l'affaire Barros », dit Thomas Reese, théologien jésuite qui enseigne à l'Université Georgetown, à Washington. « L'Église n'a pas de structure canonique pour enquêter sur les évêques qui protègent les prêtres pédophiles. Le pape François a plusieurs fois répété qu'il n'y avait pas de preuves que Barros avait protégé Karadima. Ça veut dire que si Scicluna en trouve, Barros sera puni. »






albertondimanche 11 février 2018 - 18:00:23

Pédophilie : face à l’inertie du pape, une union internationale de victimes

Santiago - 14 janvier 2018

Source : liberation



A l’occasion du voyage du souverain pontife au Chili et au Pérou cette semaine, les associations de plusieurs pays se réunissent ce lundi à Santiago. Objectif : créer, en juin, une ONG mondiale

C’est une première. Et sûrement très lourde de conséquences pour l’Eglise catholique. Une trentaine d’associations et de personnalités emblématiques, fers de lance de la lutte contre la pédophilie dans les milieux catholiques (à l’instar du Britannique Peter Saunders), se retrouvent pour une journée de réflexions ce lundi à Santiago. Pour elles, c’est une manière de souhaiter la «non-bienvenue» au pape François, en voyage au Chili et au Pérou jusqu’à dimanche, et de mettre sur les rails - et c’est un changement capital - un réseau international. «Nous voulons montrer que nous sommes nombreux à défendre le droit des enfants, a expliqué le Chilien José Andrés Murillo, l’un des initiateurs de la rencontre. C ’est aussi une manière de montrer notre colère face au manque de réactions du pape.» François Devaux, fondateur de la Parole libérée, une association très en pointe dans les affaires de pédophilie en France, participe à la rencontre.

Lors de son voyage, le pape risque aussi de faire face à des manifestations. Autant au Chili qu’au Pérou, où de retentissantes affaires de pédophilie ont secoué localement les Eglises. La plus emblématique concerne le prêtre chilien Fernando Karadima (Murillo est l’une de ses victimes présumées), longtemps protégé par sa hiérarchie et désormais reclus dans un monastère. En janvier 2015, le pape avait nommé évêque l’un de ses proches, Juan Barros, provoquant d’importantes protestations. Et dans sa garde rapprochée figure aussi le cardinal chilien Francisco Errázuriz, soupçonné d’avoir couvert des affaires d’abus sexuels et de dérives sectaires.

Silence

Le souverain pontife a, de fait, envoyé des signaux très contradictoires. A maintes reprises, il a proclamé que l’Eglise catholique devait mener une politique de «tolérance zéro». Mais dans les faits, le jésuite argentin a fait preuve de beaucoup d’ambiguïtés. En France, la Parole libérée regrette vivement le soutien sans faille qu’il a apporté à Philippe Barbarin, le cardinal-archevêque de Lyon, mis en cause pour sa gestion de l’affaire Preynat, l’un des prêtres de son diocèse accusé de faits de pédophilie. Au Vatican, le pape François a aussi soutenu jusqu’au bout son ministre des Finances, le très conservateur cardinal australien Georges Pell, contraint de rentrer dans son pays au début de l’été pour répondre prochainement devant un tribunal d’accusations d’abus sexuels.

«Le pape François a beaucoup déçu les victimes», relève un expert du dossier. En 2014, il avait créé la Commission pontificale de protection des mineurs. Au terme de ses trois ans de travaux, on ignore si elle sera reconduite ou non dans ses fonctions. Devant l’inertie et le peu d’avancée, deux grandes personnalités, Peter Saunders et Marie Collins, eux-mêmes victimes de prêtres pédophiles, avaient cessé d’y siéger. Le 21 septembre, le pape a reçu les membres de cette commission. Des demandes très précises lui ont été formulées. La principale concerne l’abolition de la prescription dans les cas d’abus sexuels commis sur des mineurs. Pour le droit canon (interne de l’Eglise), elle intervient vingt ans après que les victimes ont atteint leur majorité (18 ans).

«Pour le moment, nous n’avons pas eu de réponses à nos demandes», précise, à Libération Catherine Bonnet, pédopsychiatre spécialiste reconnue des questions de pédophilie et seule Française à faire partie de la commission vaticane. Un silence qui pourrait équivaloir à une fin de non-recevoir… C’est d’ailleurs souvent la manière de procéder au Vatican. Très récemment, Catherine Bonnet a transmis une lettre au pape lui demandant expressément de rencontrer les victimes : «Ce contact direct me paraît très important», dit-elle. Or d’après ce que l’on sait, le souverain pontife n’a rencontré des victimes qu’à deux reprises depuis qu’il est entré en fonction, en 2013.

Au Chili, Fundación Para la Confianza, l’une des associations investies dans ce dossier, avait demandé un rendez-vous. Réponse négative de Rome, sous prétexte d’agenda déjà chargé. Le porte-parole du Vatican, Greg Burke, a confirmé jeudi qu’aucune rencontre avec des victimes n’était prévue pendant le voyage. «C’est un thème important», a-t-il néanmoins reconnu. Avant d’ajouter «que les meilleures rencontres étaient celles qui avaient lieu en privé.»

«Sommet mondial»

Ce refus, très mal perçu parmi les victimes, les conforte dans leur volonté de mieux s’organiser. «En échangeant entre nous, nous avons pris conscience d’être confrontés, dans chacun de nos pays respectifs, aux mêmes difficultés», souligne François Devaux. Proposé par la Parole libérée lors de la rencontre de Santiago, le projet est de mettre en place une ONG à dimension internationale pour «répondre à la dimension universelle de l’Eglise», explique Devaux. Une intuition qu’avait déjà eu l’Américaine Barbara Blaine, pionnière de la lutte contre la pédophilie dans l’Eglise, décédée en septembre. Dans les années 80, aux Etats-Unis, elle avait créé la première association de victimes de prêtres pédophiles, la très puissante Snap, aujourd’hui en crise.

La future ONG, dont les ambitions sont élevées, s’intéresserait à tous les abus commis dans l’Eglise, y compris dans le cadre de dérives sectaires. François Devaux a déjà en tête un agenda. «Nous souhaitons organiser en juin un sommet mondial des associations», révèle-t-il à Libé. Il devrait avoir lieu dans une capitale européenne.
Bernadette Sauvaget



albertondimanche 14 janvier 2018 - 08:07:33

Pédophilie dans l'Église : la principale association de victimes reçue par l'épiscopat

Paris - 07 janvier 2018

Source : Europe1



C'est la première fois que l'association La Parole libérée est reçue officiellement par des évêques chargés du dossier.

L'association La Parole libérée, à l'origine des révélations d'actes pédophiles qui ont secoué l'Église de France depuis 2015, a été pour la première fois reçue officiellement samedi à Paris par deux évêques chargés de ce dossier, a appris l'AFP de sources concordantes.

Trois dirigeants de l'association.

Cette association de victimes dans l'affaire du père Bernard Preynat, qui vaut au cardinal-archevêque de Lyon Philippe Barbarin une citation directe en correctionnelle pour non-dénonciation d'agressions sexuelles, était représentée par trois de ses dirigeants, a indiqué à l'AFP son président, François Devaux. Ils ont été reçus pendant 2h30 au siège de la Conférence des évêques de France (CEF) par le responsable de la cellule permanente de lutte contre la pédophilie, Mgr Luc Crepy, et l'un de ses membres, Mgr Jacques Blaquart.

"Gentillesse et empathie"

"Pour la première fois, une commission mandatée par la CEF, dans ses locaux, a reçu une association de victimes, a prononcé des mots engageants et donné un espoir très fort", s'est réjoui auprès de l'AFP François Devaux. Les deux évêques "nous ont reçus avec beaucoup de gentillesse et d'empathie. On a un peu réglé le problème de déni qui existait", a estimé cet ancien scout lyonnais figurant parmi les accusateurs du père Preynat. Pour autant, "on ne nous a donné aucun calendrier concret", a-t-il regretté. Mais l'association a noté quelques avancées.

Un "accompagnement financier" des victimes.

Parmi les points positifs relevés par La Parole libérée figure la réflexion engagée, au sein de l'épiscopat, sur la "mise en place d'un accompagnement financier" par l'Église des victimes de prêtres. "La question n'est pas taboue", a confirmé à l'AFP Mgr Crepy. La Parole libérée a demandé une "communication externe" et insisté sur le "droit à l'information des victimes" concernant les travaux de la cellule de lutte contre la pédophilie mise en place par la CEF au printemps 2016.


Lever la prescription canonique.

L'association a en outre suggéré que la levée de la prescription canonique soit systématiquement demandée à Rome concernant des actes sexuels anciens sur des mineurs ou personnes vulnérables, afin de permettre un procès devant la justice de l'Église. Elle a aussi demandé le dépaysement des éventuels procès canoniques, afin que les évêques ne soient pas "juges et parties" face à des prêtres avec lesquels ils ont une relation "fraternelle". "Nous n'avons pris aucun engagement, nous n'étions pas mandatés pour négocier, mais nous répercuterons les demandes et cette rencontre ne restera pas sans effet", a assuré Mgr Crepy, évoquant un "rendez-vous très positif".





albertondimanche 07 janvier 2018 - 07:48:51

GB: un ancien prêtre catholique reconnu coupable d'abus sexuels après une longue cavale

Londres - 06 décembre 2017

Source : RTLinfo



(Belga) Un tribunal londonien a reconnu mercredi un ancien prêtre catholique britannique coupable d'abus sexuels commis il y a plus de 30 ans sur dix garçons, plus d'un an après son arrestation qui avait mis fin à une longue cavale.

Andrew Soper, 74 ans, a été reconnu coupable de 19 chefs d'accusation de viol et abus sexuels commis entre 1975 et 1982 au sein de l'établissement privé catholique "St Benedict's School", basé à Ealing Abbey dans l'ouest de Londres, où il enseignait à des enfants âgés de 11 à 14 ans et était chargé de la discipline. Des exclamations se sont fait entendre dans le public à la lecture du verdict, au terme de dix semaines de procès, tandis que l'ancien ecclésiastique demeurait impassible dans le box. Ce dernier a été maintenu en détention jusqu'au prononcé de sa peine devant le tribunal de l'Old Bailey, le 19 décembre. La procureure Gillian Etherton a expliqué durant le procès que les victimes étaient frappées avec une canne sous de faux prétextes, comme le fait d'avoir envoyé un ballon de football "dans la mauvaise direction", puis abusées sexuellement. Une première victime l'avait dénoncé en 2004 mais la police britannique avait dans un premier temps estimé que les preuves étaient insuffisantes. Une deuxième victime s'était fait connaître en 2008, puis une autre en 2010, après quoi la police avait interrogé l'ecclésiastique et l'avait placé en liberté sous caution. Mais Andrew Soper, qui a enseigné à St Benedict's jusqu'en 1991 et niait les accusations portées contre lui, avait pris la fuite au Kosovo quelques mois plus tard, au printemps 2011. Il avait été finalement été arrêté en août 2016 à l'aéroport londonien de Luton à son arrivée du Kosovo, dont il avait été expulsé, sur la base d'une mandat d'arrêt européen lancé par le Royaume-Uni. L'école, qui facture environ 5.000 livres (près de 5.700 euros) par trimestre, avait déjà été éclaboussée par d'autres scandales sexuels impliquant des enfants. Elle compte notamment parmi ses anciens élèves Chris Patten, le dernier gouverneur britannique de Hong Kong et membre conservateur de la chambre des Lords. A la suite d'un rapport britannique indépendant qui a mis en lumière 21 incidents liés à des abus commis par des prêtres de 1970 à 2010, l'établissement a présenté des excuses et accepté des recommandations sur un changement dans sa manière de fonctionner afin de mieux protéger les enfants. (Belga)



albertonmercredi 06 décembre 2017 - 07:26:49

CRIME DU VIOL DE LA PETITE ANNIE DE 03 ANS PAR UN PRÊTRE CATHOLIQUE : Les sept péchés capitaux de Mgr Jean Mbarga et de Mgr Philippe Mbarga

Cameroun - 26 Novembre 2017

Source : icicemac.com



Les vertus prônées dans les Saintes Écritures sont-elles des vains mots? 20 mois après le viol de la petite Annie EVINDI, âgée de 03 ans, par le Prêtre ZE ONDOUA Martin, alors la santé de l’enfant est plus qu’inquiétante, la hiérarchie de l’Eglise reste unie dans le cautionnement du crime, adoubé par le silence criminel de tous les membres du gouvernement saisis en urgence. Pourtant, selon le droit Canon, une procédure judiciaire initiée au for étatique a toujours un prolongement au for canonique. Et que la responsabilité du clergé catholique est intégrale dans le calvaire quotidien de la petite Annie.

Quelques pistes de réflexions…

Dans la tradition catholique et orthodoxe, les péchés capitaux correspondent aux péchés dont découlent tous les autres. D’où leur nombre symbolique de « sept », suggérant la totalité des péchés.

La Bible enseigne qu’une personne qui pratique de graves péchés comme l’immoralité sexuelle ne peut pas être sauvée. Elle déclare ensuite : « Ceux qui pratiquent de telles choses n’hériteront pas du royaume de Dieu » (Galates 5:19-21).

Selon La Bible de Jérusalem, Proverbes 6:16 déclare : « Il y a six choses que hait Yahvé, sept qui lui sont en abomination ».

La Bible affirme clairement que cette forme de péché mène à la mort. Une personne qui commet ce type de péché est tellement déterminée à suivre sa conduite pécheresse qu’elle ne changera jamais d’attitude ou de mentalité. La Bible dit que ce type de péché « ne sera pas pardonné » (Matthieu 12:31 ; Luc 12:10).

Les « sept péchés capitaux » sont tirés d’une liste de huit vices principaux. Cette liste a été faite au quatrième siècle de notre ère par le moine Évagre le Pontique, qui a inspiré les travaux du moine ascète Jean Cassien. Au sixième siècle, le pape Grégoire 1er a transformé cette liste des huit vices en une liste de sept péchés capitaux, qui font partie de la théologie catholique romaine. Grégoire considérait ces péchés comme capitaux, ou principaux, dans le sens où beaucoup d’autres découlent de ceux-ci. De là à dire que Mgr Jean Mbarga et de Mgr Philippe Mbarga n’iront jamais au ciel, il n’y a qu’un maigre pas. C’est dire que la justice divine sera d’une cruelle méchanceté pour eux. Et voici pourquoi :

UNE LOURDE RESPONSABILITE HISTORIQUE

Jean Mbarga, né le 18 mai 1956 à Ebolmedzom, commune de Nkolafamba, dans l’actuel département du Méfou-et-Afamba, Région du Centre au Cameroun, est ordonné prêtre pour l’archidiocèse de Yaoundé par Jean Zoa le 5 décembre 1981. Recteur du séminaire de Nkolbisson entre 1992 et 2002, il est ensuite économe diocésain jusqu’en 2003, puis vicaire général. En 1998, il est nommé consulteur du Conseil pontifical pour la culture, et en 2001, du Conseil pontifical pour les laïcs. Le 15 octobre 2004, il est nommé évêque d’Ebolowa-Kribi et consacré le 5 décembre 2004 par le nonce apostolique au Cameroun, Eliseo Ariotti. Le 19 juin 2008, après la création du diocèse de Kribi par détachement du diocèse d’Ebolowa-Kribi, il reste évêque d’Ebolowa. Le 29 juillet 2013, suite à la démission de l’archevêque de Yaoundé Simon-Victor Tonyé Bakot, il est nommé administrateur apostolique de l’archidiocèse. Il est nommé archevêque métropolitain de Yaoundé le 31 octobre 2014, et est installé le 22 novembre 2014 à la cathédrale Notre-Dame-des-Victoires de Yaoundé.

L’Histoire retiendra que cette affaire des abus sexuels commis par le prêtre Ze Ondoua Martin de la paroisse d’Abang à Ebolowa s’est déroulée alors que Mgr Jean Mbarga étaitAdministrateur apostolique du diocèse Ebolowa jusqu’au 22 octobre 2016, date d’annonce officielle de la nomination de Mgr Philippe Alain Mbarga. Une affaire qui pose clairement la question
de la responsabilité de Mgr Jean Mbarga et de l’Église dans ce cas honteux de pédophilie. C’est dire quesa responsabilitémorale est directementengagée dans le calvaire que vivent tous les jours et depuis 20 mois, la petite Evindi et sa famille. Qu’a-t-il fait s’il n’est pas un complice passif et criminel dans cette affaire? Pourtant, en date du 19 octobre 2016, Monsieur Engamba Louis Robert, agissant pour le compte de sa petite fille, Evindi Annie Lydie, a bien saisi (contre décharge) Mgr Jean Mbarga d’une requête concernant le viol de celle-ci par le prêtre Ze Ondoua Martin, de la Paroisse Saints Anne et Joachim d’Abang.

Quant à Mgr Philippe Alain, nommé évêque du diocèse d’Ebolowa le 22 octobre 2016 par Sa Sainteté le Pape François, il est né le 28 janvier 1968 à Obout, Nkolmetet, une commune dans le département du Nyong-et-So’o, région du Centre. Il est donc le troisième évêque d’Ebolowa depuis le 22 octobre 2016, avec pour Consécrateur, Mgr Piero Pioppo. Il est titulaire d’un doctorat en théologie. Il a été, tour à tour, recteur des Grands séminaires d’Otélé et de Nkolbisson. Mgr Philippe Alain Mbarga a fait ses études secondaires au Petit Séminaire Saint Paul de Mbalmayo. Par la suite, il a été étudiant au grand séminaire de Nkolbisson à l’Université Catholique d’Afrique Centrale. Il fut ordonné prêtre le 10 décembre 1994.

A l’annonce officielle de sa nomination comme Évêque du diocèse d’Ebolowa en date 22 octobre 2016, il a hérité parmi les dossiers brulants de ce diocèse, cette affaire de viol d’une enfant de 03 ans par le prêtre Ze Ondoua Martin, de la Paroisse Saints Anne et Joachim d’Abang, à Ebolowa. Il avait l’obligation de saisir la justice et de coopérer étroitement avec elle. C’est dire que l’Histoire retiendra que cette affaire des abus sexuels commis par le prêtre Ze Ondoua Martin de la paroisse d’Abang à Ebolowa fait partie des dossiers brûlants qu’il aurait dû gérer avec foi, diligence et professionnalisme. Une affaire qui pose clairement la question
de la responsabilité de Mgr Philippe Alain Mbarga et de l’Église dans ce cas grave de pédophilie. C’est dire que sa lourde responsabilité morale est directement engagéedans le calvaire quotidien que vivent aujourd’hui la petite Evindi et sa famille. Tout comme sa responsabilité pénale! Qu’a-t-il fait s’il n’est pas un complice passif dans cette affaire criminelle? Est-ce, ce silence criminel que la hiérarchie de l’Eglise catholique attend de lui? Comme Mgr Jean Mbarga, Mgr Pilippe Mbarga a opté pour l’apologie du crime.

Mgr Jean Mbarga et Mgr Pilippe Mbargasavent très bien le droit applicable dans cette affaire est le Motu Proprio Sacramentorum Sanctitatis Tutela (SST) du 30 avril 2001 avec le Code de droit canonique de 1983.

Il est clair, d’après ce texte fondamental dans l’Eglise romaine, que le délit d’abus sexuel sur mineurs est défini par l’art. 6 § 1 SST comme « le délit contre le sixième commandement du Décalogue commis par un clerc avec un mineur de moins de dix-huit ans». « § 1. Les délits les plus graves contre les mœurs réservés au jugement de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sont : 1° le délit contre le sixième commandement du Décalogue commis par un clerc avec un mineur de moins de dix-huit ans ; est ici équiparée au mineur la personne qui jouit habituellement d’un usage imparfait de la raison ; 2° l’acquisition, la détention ou la divulgation, à une fin libidineuse, d’images pornographiques de mineurs de moins de quatorze ans de la part d’un clerc, de quelque manière que ce soit et quel que soit l’instrument employé.

§ 2. Le clerc qui accomplit les délits dont il s’agit au § 1 sera puni selon la gravité du crime, sans exclure le renvoi ou la déposition».

Est ainsi assimilé au mineur la personne qui jouit habituellement d’un usage imparfait de la raison. Or, selon le droit canon, sont appelés clercs, les fidèles ayant reçu l’ordination de diacre ou de prêtre comme Ze Ondoua Martin.

Mgr Jean Mbarga et Mgr Pilippe Mbargasavent très bien que la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) souligne clairement depuis 2001 que « l’abus sexuel de mineurs n’est pas simplement un délit au plan canonique. C’est aussi un crime qui fait l’objet de poursuites au plan civil ». C’est d’ailleurs le seul cas pour lequel le Droit Canon prévoit le renvoi systématique et automatique devant la justice du pays où le crime a été commis.

D’après l’art. 52 de la Constitution ApostoliquePastor Bonus (Pastor Bonus est la Constitution apostolique promulguée par le pape Jean-Paul II le 28 juin 1988 dans le but de réaménager le fonctionnement de la curie romaine qui est définie comme un ensemble de dicastères et d’instituts qui aident le souverain pontife dans l’exercice de son office pastoral suprême pour le bien de l’Église universelle et de celui des Églises particulières. Elle a pour mission de fortifier l’unité de la foi du peuple chrétien et de promouvoir l’action de l’Église dans le monde) , la Congrégation pour la Doctrine de la Foi connaît des délits contre la foi et des délits les plus graves commis contre les mœurs ou dans la célébration des sacrements et, si nécessaire, déclare ou inflige les sanctions canoniques d’après le droit, commun ou propre, restant sauves la compétence de la Pénitencerie Apostolique et la « Agendi ratio in doctrinarum examine ».

Or, ce renvoi systématique d’un prêtre pédophile devant la justice de son pays n’est pas seulement une contrainte juridique mais « un devoir moral », a rappelé le 15 février 2016 le cardinal Sean O’Malley, président de la Commission pontificale pour la protection des mineurs créée en mars 2014 par le pape François.

II. QUE DIT LE DROIT CANON ?

Mgr Jean Mbarga et Mgr Pilippe Mbargasavent bien qu’en date du 03 mai 2001, au Palais du Saint-Office à Rome, le Préfet William Cardinal Levada et le Secrétaire Archevêque tit. di Thibica, Luis F. Ladaria, ont cosigné une Lettre Circulaire « DIRECTIVES POUR LE TRAITEMENT DES CAS D’ABUS SEXUEL COMMIS PAR DES CLERCS À L’ÉGARD DE MINEURS » pour aider les Conférences épiscopales nationales à mieux faire face aux cas d’abus sexuel commis par des clercs à l’égard de mineurs.

A la lumière de cette circulaire qui est comme le bréviaire de tous les Évêques catholiques, l’obligation de donner une réponse adéquate aux cas éventuels d’abus sexuel commis à l’égard de mineurs par des clercs dans leur diocèse, figure parmi les responsabilités importantes de Mgr Jean Mbarga et Mgr Pilippe Mbarga, en vue d’assurer le bien commun des fidèles, et la protection des enfants et des jeunes en particulier.

Or, depuis le 30 avril 2001, avec le motu proprio Sacramentorum sanctitatis tutelapromulgué par Jean-Paul II, l’abus sexuel commis par un clerc sur un mineur fait partie de la liste des cas delicta graviora réservés à la Congrégation pour la doctrine de la foi. C’est donc à elle qu’il revient de mener la procédure canonique en la matière. En 2010, Benoît XVI a révisé ce motu propriopour élargir la prescription de dix à vingt ans, avec la faculté d’y déroger dans des cas particuliers.

Il est clair que si un évêque est informé d’un cas d’abus sexuel, il doit procéder immédiatement à une enquête préliminaire. Au cours de celle-ci, il doit imposer des mesures de précaution pour protéger les victimes et prévenir tout scandale. Selon le droit canonique, ces mesures sont de trois ordres : la mise à l’écart du clerc de sa charge ecclésiastique, l’interdiction de séjourner dans un endroit ou un territoire donné, et l’interdiction de participer publiquement à l’eucharistie. Le prêtre ZE ONDOUA Martin n’a jamais été inquiété ni par la justice camerounaise, ni par la hiérarchie de l’Église catholique dont le Droit canonique de 1983 reste d’une extrême sévérité.

Mgr Jean Mbarga et Mgr Pilippe Mbarga ontCRUELLEMENT failli à leur devoir pastoral.

En parallèle, l’évêque doit se conformer aux prescriptions de la loi civile de son pays en matière d’abus sexuel.

Si l’accusation d’abus sexuel est jugée crédible, le cas doit être déféré à la Congrégation pour la doctrine de la foi. Après avoir examiné l’affaire, Rome peut autoriser l’évêque à ouvrir un procès judiciaire pénal devant le tribunal de l’Église locale.

S’il est reconnu coupable, le clerc peut être condamné à deux types de peines : des mesures disciplinaires qui restreignent son ministère public de manière complète ou qui excluent tout contact avec des mineurs, et des peines ecclésiastiques, dont la plus grave est ladimissio, c’est-à-dire la réduction à l’état laïque.

Dans les cas les plus graves, comme celle de la petite EVINDI, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi peut décider de soumettre l’affaire directement au Saint-Père en lui demandant d’émettre un décret de démission ex officio de l’état clérical. Aucun recours canonique n’est possible contre cette sanction pontificale.

Nous reproduisons ici un extrait de Normae de gravioribus delictis du 21 mai 2010:

§ 1. Les délits les plus graves contre les mœurs réservés au jugement de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sont :

1° le délit [d’ordre sexuel] commis par un clerc avec un mineur de moins de dix-huit ans ; est ici équiparée au mineur la personne qui jouit habituellement d’un usage imparfait de la raison ;

2° l’acquisition, la détention ou la divulgation, à une fin libidineuse, d’images pornographiques de mineurs de moins de quatorze ans de la part d’un clerc, de quelque manière que ce soit et quel que soit l’instrument employé.

§ 2. Le clerc qui accomplit les délits dont il s’agit au § 1 sera puni selon la gravité du crime, sans exclure le renvoi ou la déposition.

Oui, il y a des hommes qu’il faut empêcher d’être prêtres et des péchés qui sont mortels au sein de l’Eglise catholique romaine.

Art. 6 :

« § 1. Les délits les plus graves contre les mœurs réservés au jugement de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sont :
1° le délit contre le sixième commandement du Décalogue commis par un clerc avec un mineur de moins de dix-huit ans ; est ici équiparée au mineur la personne qui jouit habituellement d’un usage imparfait de la raison ;
2° l’acquisition, la détention ou la divulgation, à une fin libidineuse, d’images pornographiques de mineurs de moins de quatorze ans de la part d’un clerc, de quelque manière que ce soit et quel que soit l’instrument employé.
§ 2. Le clerc qui accomplit les délits dont il s’agit au § 1 sera puni selon la gravité du crime, sans exclure le renvoi ou la déposition »0.

Ajoutons aussi ceci :

Il y a obligation pour tout fidèle de porter à la connaissance de l’évêque de tels actes.

« La prescription commence à courir du jour où le mineur a eu dix-huit ans » et elle est de 20 ans.
La pratique actuelle que le Vatican encourage est de livrer aux autorités civiles les clercs coupables.
Le jugement ecclésiastique de ces péchés relève de Rome.
En résumé, concrètement, voici ce que Mgr Jean Mbarga et Mgr Pilippe Mbarga se devaient de faire au Cameroun après le viol de la petite Evindi :
Mgr Jean Mbarga ou Mgr Pilippe Mbarga :

(1) après avoir été informé de ce cas d’abus sexuel sur mineur, devait s’assurer de la vraisemblance des faits allégués. Dans l’affirmative, il devait conduire l’«investigatio praevia » prévue par le droit canonique comme indiqué plus haut.

(2) si après examen, les faits allégués paraissent vraisemblables, il devait prendre immédiatement des mesures de précaution en éloignant le clerc suspect de tout contact avec les mineurs. Pourtant, rien n’a été fait.

(3) Comme le clerc a avoué être coupable (flagrant délit), Mgr Jean Mbarga ou Mgr Pilippe Mbarga devait s’informer si le crime ou le délit a été porté à la connaissance de la justice étatique par la famille de la victime, par l’agresseur lui-même, ou par un tiers.

(4) Si le cas n’a pas été déféré à la justice étatique,Mgr Jean Mbarga ou Mgr Pilippe Mbarga avait le devoir d’inviter la personne concernée, ZE ONDOUA à se dénoncer spontanément. Si ce dernier ne le fait pas, l’Ordinaire, quand la loi le prescrit, devait veiller à ce que la justice soit saisie immédiatement.

(5) Si une enquête de police judiciaire est en cours, l’Ordinaire devait remettre à l’officier de police judiciaire, si celui-ci le demande, les documents sur l’identité du clerc et les éléments d’information sur l’acte incriminé dont il dispose.

(6) Le dossier de l’«investigatio praevia» aurait dû être envoyé à la CDF indépendamment de l’avancement de la procédure étatique.

(7) Si la CDF ordonne la tenue d’un procès pénal canonique par voie judiciaire ou extrajudiciaire, on procédera comme indiqué plus haut.

(8) Si la CDF décide de procéder elle-même par voie judiciaire ou extrajudiciaire, elle communique sa décision, sentence ou décret, à l’Ordinaire.

III – COOPÉRATION AVEC LA JUSTICE ÉTATIQUE :

Selon la circulaire suscitée, l’abus sexuel de mineurs n’est pas seulement un délit au plan canonique. C’est aussi un crime qui fait l’objet de poursuites au plan civil. Bien que les rapports avec les autorités civiles diffèrent selon les pays, il est cependant important de coopérer avec elles dans le cadre des compétences respectives.

Le droit Camerounais qualifie le viol de crime (lorsqu’il y a pénétration), et prévoit lescirconstances aggravantes lorsque la victime est âgée de moins de 16 ans. Une autrecirconstance aggravanteest constituée par le fait que le violeur est une personne ayant autorité sur la victime ou ministre de culte (Art. 298-b du code pénal Camerounais). Comment comprendre ce silence criminel pour une enfant de 03 ans?

Le Code pénal camerounais oblige tout citoyen, lorsqu’il en a les moyens, d’empêcher un crime ou un délit contre l’intégrité corporelle de la personne (Article 171); d’informer la justice, quel que soit l’âge de la victime, de tout crime dont il est encore possible de prévenir ou de limiter les effets ou dont les auteurs sont susceptibles de récidiver et de tous faits de privation, mauvais traitements ou atteintes sexuelles infligées à un mineur.

L’évêque diocésainMgr Jean Mbarga ou Mgr Philippe Mbargaétait donc tenu, lorsque les circonstances précitées par ces articles du Code pénal étaient réunies, d’informer l’autorité judiciaire étatique du crime ou délit d’abus sexuel sur mineurs perpétré par ce clerc en mission ecclésiale relevant de sa juridiction.

Mais, ils ont CRUELLEMENT manqué à leur obligation pastorale, préférant soutenir un criminel du village !

Certes, les ministres du culte, clercs et laïcs en mission ecclésiale, sont protégés par le secret professionnel. Mais, ce secret professionnel s’applique seulement aux confidences faites spontanément à un ministre du culte, en cette qualité, que ce soit en confession ou non, à l’exclusion de tout fait appris dans le cadre d’une enquête canonique ou reconnu de manière non spontanée.

Selon le Droit Canon, même si ces faits sont confiés au cours d’une confession, le confesseur doit tout mettre en œuvre pour que l’auteur du crime ou du délit se dénonce à la justice.

IV- MEPRIS ET NON ASSISTANCE SPIRITUELLE ET PSYCHOLOGIQUE

Il faut condamner, avec des mots suffisamment durs le manque d’écoute et l’attitude dont ont fait preuve Mgr Jean Mbarga et Mgr Philippe Mbarga.

Il est prévu dans chaque Diocèse une cellule d’accueil pour les personnes victimes d’abus sexuels (mineures au moment des faits) commis par un agent pastoral (prêtre, diacre, religieux, religieuse, ou laïc en mission d’Église), pour leurs proches, et pour toute personne souhaitant être entendue sur ce sujet. Ce service a pour mission d’assurer un premier accueil des personnes victimes, de leurs proches ou des témoins d’actes pédophiles. La mise en place de ce service répond à ce que souhaite le Pape François : «l’Église doit être une maison sûre ».

Cette cellule est composée de médecins, de magistrat, de religieux et de prêtre.

« L’Église est la maison de l’hospitalité», avait dit le pape François aux Paraguayens, le 12 juillet 2015, au cours de son homélie lors de la messe dominicale.
L’évêque diocésain Mgr Jean Mbarga ou Mgr Philippe Mbarga savait bien que l’autorité ecclésiastique a le devoir de s’engager à fournir une assistance spirituelle et psychologique aux victimes. Comme nous rappellent ces propos du Saint-Père aux victimes, avec des paroles de compassion et de réconfort, dans la Lettre Pastorale aux catholiques d’Irlande (n°6) le 21 mars 2010: «Vous avez terriblement souffert et j’en suis profondément désolé. Je sais que rien ne peut effacer le mal que vous avez subi. Votre confiance a été trahie, et votre dignité a été violée. Beaucoup d’entre vous, alors que vous étiez suffisamment courageux pour parler de ce qui vous était arrivé, ont fait l’expérience que personne ne vous écoutait. Ceux d’entre vous qui ont subi des abus dans les collèges doivent avoir eu l’impression qu’il n’y avait aucun moyen d’échapper à leur souffrance. Il est compréhensible que vous trouviez difficile de pardonner ou de vous réconcilier avec l’Eglise. En son nom, je vous exprime ouvertement la honte et le remord que nous éprouvons tous.».

Mais, à Ebolowa, seule l’arrogance outrancière de l’Eglise de Dieu a prévalu à l’endroit du Sieur Louis Robert Engamba, brisé par l’onde de choc. Comment comprendre ces menaces insidieuses et ouvertes du prêtre Ze Ondoua à l’endroit de la victime?

V- VATICAN: «TOLÉRANCE ZÉRO» POUR LA PÉDOPHILIE

Le pape a assuré, le 21 septembre 2017, devant la Commission pontificale pour la protection des mineurs, qu’il n’accordera plus de grâce aux prêtres reconnus coupables d’actes de pédophilie.

Dans une allocution devant les membres de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, le pape François s’est largement écarté de son discours officiel et a précisé sa vision de la « tolérance zéro » face à la pédophilie dans l’Église, ainsi que son évolution. «Un abus sur mineur, s’il est prouvé, est suffisant pour qu’un appel ne soit pas recevable. Si les preuves sont là, la peine est définitive », a-t-il expliqué. Les procédures canoniques actuelles permettent pourtant, dans certains cas, à un clerc reconnu coupable devant la justice ecclésiastique de faire appel au pape.

Le pape François a renouvelé la consigne de « tolérance zéro » pour les prêtres coupables de pédophilie, en évoquant des pêchés qui font « honte » à l’Eglise, dans une lettre aux évêques rendue publique le 02 janvier 2017.

L’Eglise « connaît le péché de certains de ses membres: la souffrance, l’histoire et la douleur des mineurs qui ont été abusés sexuellement par des prêtres, péché qui nous fait honte », a écrit le souverain pontife dans une lettre envoyée aux évêques à l’occasion de « la Fête des saints innocents » du 28 décembre 2016, commémorant les enfants victimes du roi Hérode.

« Des personnes qui avaient la responsabilité de prendre soin de ces enfants ont détruit leur dignité. Nous déplorons cela profondément, et nous demandons pardon. Nous nous unissons à la souffrance des victimes et, à notre tour, nous pleurons le péché. Le péché de tout ce qui est arrivé, le péché d’avoir omis de porter assistance, le péché de taire et de nier, le péché d’abus de pouvoir », a souligné le pape. « Je veux que nous renouvelions tout notre engagement pour que ces atrocités ne se produisent plus parmi nous », a insisté le pape, ajoutant: « faisons nôtre, clairement et loyalement, la consigne tolérance zéro dans ce domaine ».

Le pape a plus généralement dénoncé dans sa missive «l’innocence brisée » des enfants. Ce qu’a fait effectivement Ze Ondoua Martin à Ebolowa.

Le souverain pontife avait décidé en juin 2017 d’accroître la pression sur la hiérarchie catholique en ouvrant la voie à la révocation d’évêques coupables de « négligence » face à des cas de pédophilie dans l’Eglise. Il a créé au Vatican une instance judiciaire pour juger les prêtres pédophiles et mis en place une commission internationale d’experts chargée de proposer des mesures de prévention.

La lettre historique du pape Benoit XVI aux catholiques d’Irlande montre la fermeté avec laquelle il convient de traiter ces péchés. Qu’il suffise de rappeler ces deux passages de la Bible. Même si la question de la pédophilie n’y est pas visée, on pourra par analogie appliquer ces passages.

La phrase de Jésus concernant les traumatismes moraux et les tentations induites :

« Celui qui fait scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui attache au cou une grosse pierre et qu’on le noie au fond de la mer ». Mt 18, 6 (Bible en Français Courant)

La phrase de saint Paul concernant le péché de l’inceste :
« C’est un bruit constant qu’il y a de l’impureté parmi vous, et une telle impureté, qu’on n’entend point dire qu’il s’en commette de semblable parmi les païens, jusque-là qu’un d’entre vous abuse de la femme de son père. Et vous êtes enflés d’orgueil, et vous n’avez pas au contraire été dans les pleurs pour faire retrancher du milieu de vous celui qui a commis cette action. Pour moi, étant absent de corps, mais présent en esprit, j’ai déjà prononcé, comme si j’avais été là, mon jugement envers celui qui s’est comporté ainsi : Que vous et mon esprit étant assemblés au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, celui qui est coupable de ces crimes soit, par la puissance de notre Seigneur Jésus, livré à Satan, pour mortifier sa chair, afin que son âme soit sauvée au jour de Notre Seigneur Jésus-Christ ». (1 Corinthiens 1,5).

VI- DÉMISSION DE MGR JEAN MBARGA ET MGR PHILIPPE MBARGA

Nous avons souvenance que le 21 avril 2015, le Vatican a accepté la démission de Monseigneur Robert Finn, évêque de Kansas City dans le Missouri. Le prélat avait été condamné en 2012 pour avoir protégé un prêtre pédophile de son diocèse. Les associations de victimes demandaient la démission de l’évêque. Une pétition avait été envoyée au Vatican. Cette démission, était, en réalité une sanction méritée, selon les associations de victimes, qui militaient depuis des années aux Etats-Unis pour que soient punis non seulement les prêtres pédophiles, mais aussi ceux qui les ont protégés.

Au Cameroun, les deux évêques font la chaise vide et jouent aux héros. Ils n’ont pas jugé indispensable de porter le cas de la petite EVINDI devant le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, l’archevêque espagnol Luis Ladaria Ferrer, nommé en juin 2017.

Le fait que des évêques convaincus de non-dénonciation conservent leur poste est incompréhensible pour les médias et l’opinion. L’Église ne fonctionne pas du tout de la manière pyramidale qui est celle des grandes entreprises «multinationales». Un évêque est nommé directement par le pape de Rome. Il n’a de comptes à rendre qu’à lui. Il est seul maître de ses décisions dans son «territoire» canonique (un diocèse). Il ne dépend donc pas d’une «conférence nationale d’évêques» (lieu de coordination, sans autorité), n’a pas d’autorité directe sur les congrégations religieuses qui ont leurs propres règles de fonctionnement.

Mais cela ne dispense pas MGR JEAN MBARGA et MGR PHILIPPE MBARGA de s’expliquer, de faire face à leurs responsabilités devant la justice, leur Église et la grande opinion, plutôt que de pratiquer la politique de la chaise vide. Il est inimaginable qu’une conférence nationale d’évêques, même sans pouvoir réel, ne dispose pas, dans un domaine aussi sensible, de vrais professionnels de la communication et de services compétents, connaissant bien les dossiers, les chiffres, l’état d’avancement des affaires. Cet amateurisme, parfaitement illustré dans les émissions récentes, démontre une impréparation coupable, une incompétence redoutable, un refus plus ou moins conscient de ne pas considérer le règlement de ces affaires internes de pédophilie comme une priorité.

« Un évêque qui se limite à changer de paroisse un prêtre pédophile est un inconscient. La meilleure chose qui lui reste à faire, c’est de présenter sa démission», a déclaré le pape François, le 18 février 2016, à propos d’une affaire de pédophilie au Mexique. En sommes-nous loin de ce cliché où les deux Evêques ont fait preuve « extrême irresponsabilité ». La démission des deux évêques devient quasi-irréversible.

En 2001, Mgr Pierre Pican, alors évêque de Bayeux et Lisieux (Calvados), avait été condamné à trois mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé ce type de faits. Est-ce cela que Mgr Jean Mbarga et Mgr Philippe Mbarga vous attendent avec cette affaire du prêtre Ze Ondoua Martin? Toujours est-il que les scandales aux États-Unis (couverts par l’Église jusqu’en 2002) ont été un tournant. Aujourd’hui, l’Église coopère avec les autorités civiles. Elle n’est plus dans une logique d’omerta ou de secret.

C’est dire que les prochaines semaines s’annoncent difficiles pour les deux Évêques.

VIII- EMBALLEMENT MÉDIATIQUE ET POLITIQUE

En l’espace de quelques jours, l’affaire de viol du bébé Evindi a rapidement fait la une des journaux et des chroniques audiovisuelles matinales. Qu’est-ce qui explique cette inflation médiatique ?

Elle fait écho au profond désarroi des Camerounais : « Derrière, il y a la conscience d’une forme ignoble de domination, parce que les prêtres pédophiles s’attaquent à la vie innocente », explique un prélat. Du moment où le «prêtre qui est au service de la relation avec Dieu s’est rendu coupable d’un crime inqualifiable».

Cet emballement médiatique interroge cependant. Les théories sur le bouc émissaire de René Girard restent d’une actualité brûlante. Le prêtre Ze Ondoua Martin serait-il le bouc émissaire d’un phénomène qui dépasse les rangs du clergé ?

Au Cameroun, les évêques n’ont guère de doutes sur ce phénomène où la raison s’efface devant les passions. Faut-il parler aux médias ou se taire ? La victime ne sait plus et pourrait se résigner au fait que « le Christ a été le premier à prendre beaucoup de coups. Il a répondu par le silence ».

Au début des années 2000, la condamnation de Mgr Pierre Pican, évêque de Bayeux, à trois mois de prison avec sursis pour avoir couvert un prêtre pédophile de son diocèse, avait alors poussé les évêques de France à une prise de conscience. En novembre 2000, tous signaient une déclaration où ils affirmaient que « les prêtres qui se sont rendus coupables d’actes à caractère pédophile doivent répondre de ces actes devant la justice » et qu’un évêque « ne peut ni ne veut rester passif, encore moins couvrir des actes délictueux ».

N’est-il pas indiqué que la condamnation de Mgr Jean Mbarga et Mgr Philippe Mbarga donne de la voix au Cameroun?

Jean Claude FOGNO, Journaliste



albertondimanche 26 novembre 2017 - 07:19:23

Henry Coombes: «Plein de gens, dont des hommes, ont dit avoir subi des attouchements sexuels»

Ile Maurice - 13 nov 2017

Source : lexpress.mu



Il n’y a aucune honte à avoir été victime d’attouchements. Henry Coombes/Ennri Kums, qui a lui-même été victime de pédophilie à l’âge de 11 ans, a voulu en apporter la preuve. L’artiste peintre raconte.

Vous avez témoigné, sur Facebook, avoir été victime de pédophilie à 11 ans au collège...
Ce n’est pas la première fois que je raconte cette histoire. Je l’ai d’abord racontée à des amis. Je n’ai aucune honte à avoir. Je l’ai fait publiquement pour la première fois en solidarité aux personnes qui ont été harcelées. Je l’ai fait en solidarité avec les femmes. Dans mon cas, c’était au collège St-Joseph à Curepipe.

Comment ont réagi vos amis à cette époque ?
Sentiments de colère, de tristesse, de rage. Depuis que j’ai témoigné sur Facebook, plein de gens, dont des hommes, ont dit qu’ils ont, eux aussi, subi des attouchements ou ont été harcelés à l’école, par des enseignants, des frères ou mères supérieurs.

Savez-vous ce qu’est devenu l’homme derrière ces attouchements ?
C’était un frère catholique irlandais qui, à un moment donné, est reparti dans son pays. Il a dû mourir là-bas. En plus, c’était un être vraiment vilain, pas seulement méchant. Repoussant aussi.

Que vous est-il arrivé ?
Je me suis dégagé de ses genoux, sur lesquels il m’avait mis. Il m’a laissé partir. Quand cela m’est revenu à l’esprit à 20-25 ans, je me suis dit qu’il y a peut-être d’autres jeunes qui, eux, n’ont pas eu la force de dire non. Qu’ils ont peut-être subi plus que ce que moi j’ai subi.

Quand je l’ai croisé par la suite, c’était comme si de rien n’était. Je crois qu’il a eu peur. C’est pour cela qu’avant de quitter la pièce, il m’a demandé : «Ça va ?»

Libéré depuis ?
Je ne peux me servir du mot «libéré». Ce n’est pas quelque chose qui m’avait emprisonné. Cela m’avait marqué et me marquera jusqu’à la fin de mes jours. Je suis quelqu’un d’assez fort. J’ai compris, jeune, ce qui m’était arrivé. En plus, je m’en suis sorti.

Savez-vous s’il a fait d’autres victimes au collège ?
Sous mon témoignage sur Facebook, deux, trois personnes ont raconté avoir subi la même chose. Elles n’ont pas précisé s’il s’agissait de la même personne. C’est évident qu’il a dû faire cela à d’autres garçons.

Même si le frère directeur est mort aujourd’hui, n’estimez-vous pas que les autorités devraient réagir ?
Il n’y a qu’à voir la réaction des papes successifs qui ferment les yeux, les oreilles. Ils ne font absolument rien. Par contre, ils mettent leur nez là où il ne faut pas. Mais dénoncer les prêtres pédophiles dans leur église, c’est le cadet de leurs soucis. Ils ne font que déplacer les prêtres d’un village à l’autre.

Vous ne vous en voulez pas de ne pas avoir alerté la police ?
À l’époque, personne ne parlait de pédophilie et de harcèlement. Non, j’ai subi cela en silence. J’ai dû mettre un mot là-dessus plus tard à 20-25 ans, lorsqu’on a commencé à parler de pédophilie.

En avez-vous parlé à vos parents ?
(Il réfléchit) À mes parents non. Mais à une sœur et à mon frère oui. Je sais aussi qu’il y a des cas où les parents ne veulent rien savoir. Dé- jà, si cela s’est passé dans la famille, avec le père, la mère ou l’oncle, c’est l’omerta. Tous les abusés vous diront la même chose. Ils ont honte d’en parler. Et ont peur de comment ce sera pris. Mais cela ne m’a même pas traversé l’esprit d’aller en parler à mes parents.

En quoi cela a-t-il eu un impact sur votre vie ?
S’il avait été plus loin avec pénétration, force, violence et tout le reste, là cela aurait eu un impact sur ma vie. Là, ce n’est pas du viol. Il m’a pris et m’a mis sur ses genoux. Tout ce que j’ai ressenti, ce sont ses parties intimes sous moi. Un geste déplacé. J’ai tout de suite bondi hors de ses genoux.

Ce n’est jamais pardonnable de s’en prendre à des enfants innocents. Quand ce frère m’a mis sur lui, j’ai senti le monde des adultes. Je me souviens, c’était un choc.

Un impact sur votre orientation sexuelle ?
(Il se redresse dans le canapé) Je souhaite vraiment mettre les points sur les «i». Pédophilie ne signifie pas homosexualité. Il faut absolument séparer les deux. Déjà, tout petit, à quatre-cinq ans, je me sentais homosexuel. L’orientation sexuelle n’a rien à voir avec les gens qui nous touchent. Ce n’est pas parce qu’une fille a été violée par une sœur, une maman, qu’elle va devenir lesbienne. Il ne faut pas mélanger les deux.

Pourquoi tant de sexes masculins dans vos tableaux ?
Je suis peintre. Et homosexuel. Ce sont deux choses séparées. On ne va pas parler de Picasso en tant qu’artiste hétérosexuel parce qu’il ne peignait que des femmes. On dit artiste peintre. Je veux aussi qu’on me voie comme peintre. Après, si on veut discourir sur moi, on pourra dire oui, il était homosexuel

La suite après vos confidences ?
C’est la loi. Il faut qu’elle prenne en charge les gens qui sont harcelés. Dans la rue y compris. Cela a été une chance cette affaire Weinstein (NdlR, producteur de films américain accusé de viol et de harcèlement par des femmes). Les gens ont pris conscience que le harcèlement existe. Roman Polanski, pareil (NdlR, une centaine de féministes ont manifesté, le 30 octobre, devant la cinémathèque française à Paris contre la tenue d’une rétrospective consacrée au réalisateur franco-polonais, accusé par cinq femmes d’agression sexuelle). Il faut qu’on puisse aussi lancer à Maurice l’application mobile qui permet de signaler les agressions et venir en aide aux victimes.

Êtes-vous confiant que les choses évolueront ?
Gouvernement après gouvernement, nous avons les mêmes bourriques à la tête. Sinon, il y a aussi celles qui sont comme la présidente ; qui ne font absolument rien.

(Parenthèses) D’ailleurs, je ne veux pas que ce gouvernement prenne mon travail quand je meurs. Je dois planifier ma mort. J’ai 70 ans. Pour Tikoulou, j’ai déjà parlé à Pascale Siew. Je vais lui léguer tout ça. Et j’ai demandé à mon ami Salim Currimjee, qui a une fondation ICAIO à Port-Louis, de bien vouloir prendre mon travail quand je meurs. Je ne veux pas que cela soit dispersé et jeté.

(Il reprend) Le jeune gars qui a violé une touriste à Cap-Malheureux, en mars, il s’en est sorti avec un an de prison pour un viol. Pas possible ! Il faudrait qu’on puisse continuer à s’indigner, à être en colère pour que le gouvernement vote de nouvelles lois. Il faut continuer à dénoncer. Il faut shame them.

L’évêque réagit
Sollicité dans le cadre de cette interview, le cardinal et évêque de Port-Louis, Maurice Piat, s’est exprimé par le biais de son service de communication : «L’évêque, ayant été informé du témoignage de M. Henry Coombes, tient à exprimer sa sollicitude et sa préoccupation. L’évêque est tout à fait disposé à recevoir M. Coombes s’il le désire.»




albertonlundi 13 novembre 2017 - 06:59:51

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